Réseaux Sociaux : ton univers impitoyable !

22 octobre 2013

réseaux sociaux : ton univers impitoyable

Ce n’est pas dans mes habitudes d’être particulièrement remontée contre mes « amis de la profession », mais là j’avoue que je m’insurge contre des pratiques que je vois souvent opérées sur les réseaux sociaux entre d’un côté les community managers (CM) séniors, bloggers, conférenciers et autres grands gourous (reconnus ou auto-proclamés), et d’un autre côté les jeunes (ou moins jeunes) CM qui débutent dans le métier, avec ou sans formation particulière (comme 55% des CM actuellement). A savoir le manque de savoir-vivre, de considération, la jalousie et la mesquinerie…à ciel ouvert. Que dis-je à web ouvert !

Je peux vous dire qu’en plus de 20 ans de carrière dans les directions marketing et communication de grands groupes en B2B, j’ai eu l’occasion de côtoyer des collaborateurs, des supérieurs, des homologues, des partenaires, bref tout un écosystème de professionnels qui avaient tous une caractéristique : le respect du travail de l’autre et l’envie de faire progresser l’entreprise, ensemble. Utopique ? Non, je n’ai pas l’impression d’avoir été bercée dans le monde des Bisounours. Bien au contraire, il s’agissait d’un monde hyper exigeant, hyper connecté, hyper industriel, hyper concurrentiel, hyper américanisé, hyper misogyne.

Aujourd’hui forte de mon expérience chez l’annonceur, j’ai décidé de me reconvertir dans le consulting par appétence, car j’aime transmettre et par challenge, car j’ai envie de valoriser mes compétences autrement que dans le salariat. Et puis passée la quarantaine, j’avais envie de voler en solo, sans un boss au-dessus de moi pour me dicter ce qu’il convient de faire ou pas sur les réseaux sociaux (alors qu’il n’y connait rien du tout). Bref, on n’est jamais aussi bien servie que par soi-même ;-).

Donc, qui dit nouvelle vie professionnelle, dit nouveau réseau. Je suis bien obligée de me frayer un chemin, en quête de visibilité et notoriété, parmi nombre d’homologues déjà installés (parfois très bien installés d’ailleurs) ou de community managers / bloggeurs / conférenciers connus (voire très connus). Tout un réseau à reconstruire et un nouveau monde à découvrir avec ses bonnes surprises et ses découvertes oh combien déconcertantes.

 

On est tous amis !

tous amis sur le net

Au rayon des bonnes surprises, qui sont en plus grand nombre, je citerai la qualité humaine des personnes rencontrées sur les réseaux puis IRL (dans la vraie vie). L’approche sur les réseaux est simplifiée, bien que codifiée. Ce n’est pas parce qu’on est « amis » sur Facebook qu’il faut se taper sur l’épaule comme si on avait été à l’école ensemble. Les amis sur Facebook sont des contacts. A nous ensuite de nous en faire, ou pas, des amis ou du moins des relations « vraies et qualitatives ». D’où les rencontres IRL qui s’en suivent, avec grand plaisir et succès jusqu’à présent. Des échanges hyper intéressants, des personnes très enrichissantes de par leur passé, leurs projets, leur vision et les liens qui se tissent ensuite au quotidien. Il faut savoir se faire apprécier, donner, écouter… pour recevoir la pareille. Grande école d’humilité également car finalement, ce que vous avez fait avant, tout le monde s’en fiche. On vous juge d’après ce que vous êtes aujourd’hui.

 

Sauf que parfois, c’est Dallas !

univers impitoyable

Au rayon des mauvaises surprises, je citerai le manque de hauteur de vue de certains pros des réseaux sociaux très connus, très imbus, très narcissiques (ils se reconnaitront peut-être, mais je m’en tape), le manque d’assertivité, l’égocentrisme, le manque de compassion, voire le manque de politesse. Dire merci pour les partages ou les « mentions » c’est la moindre des choses. Etre un « grand ponte »  ne donne pas le droit d’être méprisant envers ceux et celles qui vous font l’honneur de vous lire et vous suivre…Bref, un sérieux problème de communication, pour des personnes qui se disent être des communicants ! Alors, bien entendu, je parle ici d’une frange minoritaire, mais elle a le don de sévir un peu partout, et on retrouve toujours les mêmes car il faut bien avouer que le monde est petit dans le milieu des professionnels des réseaux sociaux en France.

Les raisons de ce manque de « gentillesse » envers son prochain (oui, ça fait très catho, mais c’est surtout mon côté humaniste qui ressort) ? Je pense que ces personnes ont un tel besoin d’exister sur le net, du fait (peut-être) d’une vie perso tellement plate, inodore et sans saveur, que leur estime de soi passe par leur boulot et le besoin de reconnaissance de leur expertise (réelle ou rêvée). Ils en oublient qu’ils sont là grâce à une communauté. Communauté de clients, prospects, mais aussi communauté de simples quidams, de pairs ou d’influenceurs.

Se moquer à tout bout de champ du manque d’expérience, des bourdes, ou des erreurs de jeunesse de ceux qui débutent m’insupporte au plus haut point. Manquer aux règles de politesse et de savoir-vivre primaire me rendent ces personnes antipathiques et ne reflètent pas un comportement professionnel. Se disputer comme des chiffonniers sur la toile au lieu de se passer un coup de fil pour s’expliquer comme des gens civilisés, et j’en passe, relève d’un sérieux problème neurologique selon moi.

Les « séniors du social media » (au sens séniorité, pas vieillesse hein !) ont un rôle de mentoring à mon sens. Si on veut que cette profession ait un peu de gueule c’est aussi aux anciens de donner une bonne image et un bel exemple de solidarité.

Donc, vous CM, bloggeurs et autres maîtres de conférences, qui vous dites pros et experts, arrêtez de vous regarder le nombril, arrêtez d’écraser l’autre par votre science et votre pédanterie.

Grandissez-vous par votre humanité, non votre vanité. Soyez vrais !

Voilà, c’était le coup de g… du moment.

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Si vous aussi avez été témoins de propos cassants, de cruelle indifférence, ou en avez été victimes, laissez-nous vos commentaires ci-dessous et partagez l’article sur vos réseaux ! Merci.

Article publié par Dolores Fraguela le 22 octobre 2013.

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